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Grotte de la falconette -réseau des syphonnés

Le réseau des siphonnés à la grotte de la Falconette

Bruno H

Il y a déjà plusieurs années, j’avais avec quelques membres du GSHL vidé 3 siphons pour découvrir une petite conduite forcée explorée sur 90 mètres. Une voute mouillante sévère suivie presque immédiatement d’un nouveau siphon avais alors mis un terme à l’exploration.
Les siphons se déversant les un dans les autres ne facilitaient pas une vidange facile : Ces siphons s’étaient ensuite refermés, et cette petite découverte était alors retombée dans l’oubli.

 

Sortie 1 : B Hugon seul : je rentre par la Conche et ressorts par la Falconette. Je remonte la branche d’Ordonnaz pour aller amorcer le siphon 1 de la galerie des siphonnés. Je profite de la sortie pour faire quelques petites explos et topographier des diverticules dans la partie finale. TPST 9h00

 

Sortie 2 : 25 mai. B Hugon seul. Entrée et sortie par la Rochance via les puits du pont de singe. En plus d’un bon kit, je profite de la sortie pour acheminer 100mètres  de tuyaux supplémentaires. Une belle bavante d’acheminer tout ça au fond ! Le siphon 1 est vide, et j’amorce le siphon 2. Pendant qu’il vide, je vais faire de la désob d’argile sèche dans un boyau adjacent à la galerie des ices flutes ou je gagne une vingtaine de mètres. De retour au siphon 2, Je constate qu’il est maintenant désamorcé de 10 centimètres. Heureusement, que j’ai amené une combine néoprène qui va me permettre de le franchir pour aller au siphon 3. Je vais me battre avec les pompes, mais n’arriverai finalement pas à amorcer ce S3 ! TPST : 8h00

 

 

Sortie 3 : B Hugon seul.  Plusieurs mois se sont écoulés depuis ma dernière sortie, et bien sur les siphons sont à nouveau remplis. Cette galerie des siphonnés est parcourue par un ruissellement insignifiant, mais cependant suffisant pour refermer les passages siphonnants. Le but de ma sortie d’aujourd’hui est surtout de vérifier l’état des équipements dans les puits, en vue du congrès national, mais j’en profite pour acheminer un tuyau très raide de 30 mm de diamètre par 30 mètres de long. Je suis obligé de le trainer car il serait impossible de le transporter roulé. C’est un  travail de força, et de plus pas évident dans les puits ou le tuyau me tombera dessus plusieurs fois manquant de m’éborgner, voir de m’assommer ! Je ne l’amorcerai pas aujourd’hui, mais mon but avenir est de pouvoir vider le S1 plus rapidement. Je suis rentré par la Rochance et ressorti par la Conche. TPST : 6h00

 

Sortie 4- 10 juillet 2017 : B Hugon et P Valton. Entrée et sortie par la Rochance via les puits du pont de singe.

Nous amorçons le S1, et partons refouiner le dédale. Je voulais surtout revoir le terminus à + 150 m ? pour évaluer les perspectives de désob. TPST : 9h00

 

Sortie 5- 15 juillet 2017 : B Hugon seul. Entrée et sortie par la Rochance via les puits du pont de singe. Le S1 est vide. Il y a 2 tuyaux qui arrivent du S2 vers le S1. Il semble me rappeler que l’un d’entre eux provient du S3 ? L’avenir me le dira. ? Je rajoute un tuyau au S2 afin qu’il vide plus vite, mais l’attente étant de toute façon trop longue, je fais demi-tour pour aujourd’hui. Je laisse sur place une combinaison étanche, une combinaison spéléo et des chaussures que je réutiliserai ensuite à chaque sorties.

 

TPST :5h00

Sortie 6- 24 juillet 2017 : B Hugon seul. Pour accéder plus rapidement à la galerie des siphonnés, j’amorçage  le siphon des feuilles de pierre TPST : 3h00

 

Sortie 7- 30 juillet 2017 : B Hugon seul. Entrée et sortie par la Rochance Le siphon des feuilles de pierres n’a baissé que de 10 cm avant que le tuyau ne se désamorce ? Je suis donc contraint de passer par les puits du pont de singe ! Les S1 et  S2 sont vides, par contre le  tuyau du S3 à désamorcé, il n’a baissé que de 10 cm. Le tuyau avait un trou au niveau d’une pliure. Je fais un beau pansement avec du scotch et le réamorce en ressortant. TPST : 3h30

 

Sortie 8- 31 juillet : B Hugon seul. Entrée et sortie par la Rochance via les puits du pont de singe. Les 3 premiers siphons sont vides. Je franchi quasi en apnée le S4 qui n’est en fait qu’une longue et basse voute mouillante. J’ai amené encore 45 mètres de tuyau avec lequel j’amorce le S5dont la vasque fait au moins 2 mètres de profondeur. Il y a un tuyau en plus au S2, je retourne le chercher et amorce aussi le S4. Je raboute encore 60 mètres de tuyau sur celui du S5, afin de ressortir l’eau directement à l’extérieur, sans qu’elle passe par autres siphons. TPST :7h00

 

Sortie 9-  3 aout 2017 : B Hugon seul. Entrée et sortie par la Rochance via les puits du pont de singe. Tout a bien fonctionné, le S4 a baissé de 2 mètres, mais n’est pas encore désamorcé. Apparemment, il ne manque pas grand-chose. Comme j’ai un peu de temps devant moi, j’en profite pour retourner au siphon des feuilles de pierre pour tenter de réamorcer les tuyaux. TPST :6h00.

 

 

Sortie 10- 4 aout 2017 : B Hgon seul. Entrée et sortie par Rochance, cette fois ça passe enfin par les feuilles de pierre. Le S4 passe enfin. J’avance en levant la topo. Cette petite galerie garde sa physionomie de petite conduite forcée ou l’on progresse la plupart du temps à 4 pattes, mais parfois à plat ventre. Il y a quelques laisses d’eau, mais plus de siphon ! Je serai d’ailleurs obligé de ramper sur de petits gours cristallisés. Au bout d’une centaine de mètres, je débouche sur une galerie amont/aval beaucoup plus spacieuse. A l’amont une petite escalade de 2 mètres précède un nouveau siphon profond à l’eau cristalline. Il sera facile à vider.  A l’aval la galerie tout d’abord méandriforme descend en pente douce, puis se transforme en suite en conduite forcée en attaquant une légère remonté. Je la baptiserai : « galerie du solitaire ». Ce sera mon point d’arrêt explo et topo : en effet, il n’est pas question de faire le moindre mètre de première sans le topographier. Je veillerai à ce que cette règle soit appliquée aux sorties suivantes. En cours de route, j’ai laissé sur la droite deux départs de galerie, sans y faire la moindre reconnaissance.

J’ai fais 258 m de première ! J’avais amené le perfo au niveau du puits des dendrites, et je perce plusieurs trous au retour dans le but de poser des mains courantes et faciliter la les passages dans un méandre ou la progression est parfois exposée. TPST : 6h00

 

Sortie 11- 13 aout 2017. G Pesenti et B Hugon. Je me suis habitué aux sorties solitaires, et pourrais poursuivre ainsi, mais cette fois vu les perspectives je préfère partager mes sensations avec des collègues du club. Super, mon ami Guy et libre. Nous passons par les feuilles de pierres. Nous allons pas mal en baver pour acheminé un gros tuyau de 25 mètres bien raide (gaine de fibre optique de 40 mm de diamètre) Nous amorçons ainsi le siphon que l’on trouve dès la sortie du boyau des siphonnés. Le débit du tuyau est impressionnant, (plusieurs litres seconde), et nous espérons ainsi pouvoir passer dans la journée. Nous allons tout d’abord explorer la première galerie latérale à droite. Au bout de 60 mètres, nous arrivons à un carrefour ou la galerie augmente en dimension. Nous nous arrêterons rapidement à droite comme à gauche sur de petits puits. Nous appellerons notre découverte : « galerie des belle marmites » En effet, il y a de magnifiques marmites au fond desquels s’entrecroisent des feuilles de calcite cristallisées. Ensuite nous allons poursuivre l’aval de la galerie du solitaire. C’est une belle conduite forcée très régulière avec de belles cupules. Le parcours est un peu en dents de scies, et il y a de nombreuses laisses d’eau dans les points bas. L’une d’elle, formant voute mouillante nous fera craindre un siphon, mais nous arriverons à passer. Quelques dizaines de mètres plus loin nous nous arrêterons pour aujourd’hui sur une très longue voute rasante. Quelques heures plus tard, nous retrouverons notre tuyau qui coule toujours avec un bruit de collecteur ! Heureusement l’eau se perd dans un minuscule méandre latéral. Le siphon a baissé d’un mètre vingt, mais il n’a pas désamorcé. Il trop tard pour attendre, nous faisons demi-tour. Nous avons topographié 470 mètres. TPST :  12h00

 

Sortie 12- 22 aout 2017 P Buiré B Hugon. J’ai ramené un tuyau pour tenter au passage d’installer un siphon permanent aux feuilles de pierres… J’ai aussi amené du ciment afin de sceller un nouveau tuyau au niveau du S5. En effet, il s’y trouve une minuscule arrivée d’eau qui en 15 jours arrive à refermer ce siphon. Derrière les siphonnés, le siphon amont est vide (ce sera le siphon et la galerie de la fibre) Nous allons y remonter face à un petit courant d’air bien net, une galerie tantôt méandriforme, tantôt en conduite forcée. Nous butterons sur un puits que je descendrai seul en escalade. A sa base le conduit se sépare en 2 avec amont aval ? Philipe ne sentant pas le passage nous irons ensuite explorer un beau départ à droite de la galerie du solitaire. Au bout de 30 mètres, comme le laissait prévoir la top, nous ferons la jonction avec l’aval des belles marmites. Philippe n’a vraiment pas la forme, et il préférera ressortir. Nous arrêtons donc nos explorations du jour. Nous aurons levé 125 mètres de topo. TPST : 8h00

 

Sortie 13-27 aout 2017 P dubreuil G Pesenti V Magnan et B Hugon. J’ai fixé le R-V à 4h00 du matin ! Entrée et sortie par la Rochance via la galerie des feuilles de pierre et le puits des dendrites. Nous supprimons une étroiture dans le siphon des feuilles de pierre et équipons les mains courantes après le puits des dendrites. Nous nous rendrons ensuite poursuivre la galerie de la fibre. La pose d’un bout de corde permettra de descendre le puits avec plus de sécurité. Nous commencerons par l’amont. Après quelques courts passages bas, nous allons remonter un gros méandre. La progression s’effectue la plupart du temps au fond, mais nécessite aussi parfois quelques oppositions. Au bout de 150 mètres, une grosse coulée stalagmitique barre le passage. Une petite escalade permettra en grimpant au sommet de contourner la difficulté. Cependant tout le monde ne pouvant grimper là haut, nous ferons demi-tour pour explorer l’aval. Comme à l’amont nous descendrons un beau méandre au sol  de couleur ocre. Cette coloration due à une petite circulation d’eau lui donnera le nom de méandre rouge. Nous y ferons 250 mètres jusqu’à un carrefour. A gauche, nous descendrons 2 petits ressauts et butterons sur un boyau partiellement colmaté de graviers. En hauteur une lucarne butte très rapidement sur une voute mouillante quasi siphonnante. Mes collègues étant peu enclin à se mouiller de nouveau, je franchirai seul l’obstacle. Derrière, je remonterai un petit ressaut et m’arrêterai 20 mètres plus loin au carrefour de 2 belles conduites forcées. TPST :12h00 Topo :450 mètres.

 

Sortie 14- 4 septembre 2017. P Valton et B Hugon. Nous commençons par poursuivre l’amont de la galerie des belles marmites. Nous descendons le petit puits en escalade et poursuivons par de belles conduites forcées. Je trouverai un os au sol, enchâssé dans les sédiments indurés. Comment est-il arrivé ici ? Au bout de 60 mètres, comme le laissait à nouveau supposer la topo, nous jonctionnerons avec l’aval du méandre rouge, au niveau du carrefour que j’avais atteint seul. L’autre branche buttera au bout d’une centaine de mètres sur un siphon qui sera vidangeable. Au dessus du siphon, je ferai quelques mètres dans un boyau étroit, et m’arrêterai devant un piler formant un barrage ponctuel. Nous irons ensuite poursuivre l’exploration du grand méandre amont derrière le siphon et la galerie de la fibre. Il n’a pas encore de nom, mais j’ai pourtant une idée comme nous le verrons plus loin. Nous ferons 60 mètres jusqu’au pied d’un P8. En ramonant dans le fond du méandre, nous arriverons à grimper au sommet. 30 mètres plus loin, nous butterons sur une étroiture impénétrable dans la calcite. La Nous voyons derrière un plan d’eau, (c’est la calcite qui forme barrage) au dessus duquel ronfle le courant d’air !

 

Sortie 15- 10 septembre 2017. B Hugon seul. Je me retrouve seul une fois de plus, mes collègues n’ayant pas la frite ou des problèmes de santé. J’aurai bien-sur voulu retourner à l’étroiture soufflante, mais seul je vais finalement aller dans la galerie du solitaire atteindre un méandre répéré en hauteur. L’escalade en libre est assez facile, et je vais faire 50 mètres dans un boyau devenant de plus en plus bas. Je m’arrêterai sur un passage  bas mais toujours pénétrable. Une autre escalade très délicate ne me permettra de faire qu’une dizaine de mètres jusqu’à un colmatage total. TPST : 6h00.

 

Sortie 16- 31 octobre 2017. B Hugon seul. Après des sorties annulées au dernier moment, des vacances dans les iles éoliennes avec madame, et une expé inattendue de 10 jours en Chine je retrouve enfin la Falconnette. Je fonce au S4, pour constaté qu’il s’est réamorcé d’un mètre. Je mets le tuyau en vidange. Je ne mettrai que 2h10 pour l’aller retour !

 

Sortie 17- 1er novembre 2017. V Bureauducolombier B Hugon. Depuis que j’enrageai de retourner à l’étroiture soufflante nous sommes enfin devant. Pour palier à toute éventualité, nous sommes chargés chacun d’un énorme kit avec perfo, matos de désob, massettes, cordes amarrages bouffe etc. Nous allons supprimer l’étroiture en nous réfugiant dans une petite niche à l’abri du courant d’air. 10 minutes plus tard, nous enlevons quelques cailloux, le passage est libre. Il n’y a plus le bruit du ronflement du courant d’air, le niveau d’eau à bien baissé. Nous nous engageons à tour de rôle dans un beau méandre au sol souvent recouvert d’une couche de calcite très blanche. Ils y a quelques gours tapissés de cristaux blancs et brillants. Une nouvelle coulée de calcite forme une étroiture sélective, cependant nous arrivons à passer. Enfin, au bout d’une centaine de mètres, nous arrivons au dessus d’un vaste puits qui sera plus tard mesuré à 11 mètres. Vincent qui ne connaît pas le réseau ne s’étonne pas spécialement, mais pour ma part, je sais déjà ou nous sommes. Je reconnais les lieux. Nous venons de faire la jonction avec la grotte de Sous Sangles ! Le méandre d’accès va désormais recevoir le nom de : méandre Falsan, les 3 première lettres du nom de chacune des cavités ! Nous équipons le puits, et faisons un petits tour dans les galeries sous jacentes, juste histoire s’il en était besoin de trouver une trace prouvant cette jonction historique. TPST :13h00.

Le réseau atteint désormais 22 km !

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From → novembre 2017

One Comment
  1. Meignin Fred permalink

    Salut Bruno,
    Merci pour ce fantastique récit, quelle découverte, mais quelle découverte !!!! Je suis profondément admiratif quant à ta passion, ta motivation, ton opiniâtreté …..
    Dans un livre de Norbert CASTERET, il y avait une citation de Gustave LEBON qui te va à merveille. « Le secret de ceux qui font des découvertes, c’est qu ils ne regardent jamais rien comme impossible »
    Merci beaucoup Bruno….
    Fred MEIGNIN

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